Faire l’expérience du Brésil Réflexions de Norman Matchewan de la communauté algonquine du Lac Barrière

23 juillet 2010

Belém, Région de Para

Par où commencer ?

Quand je suis arrivé au Brésil, le vol était très beau… voir la forêt amazonienne, le vert, toute la nature vue de haut … voir l’eau, les différents chemins qu’elle prend vers les terres… J’ai simplement regardé et considéré que c’était très riche en forêt. Entrer à Belém a été complètement différent… c’est devenu un peu bruyant et l’odeur de la ville n’était pas très agréable – c’est une odeur que je n’aime pas.

Mais tout simplement voir une ville différente, une partie différente du monde… c’est une expérience que je n’oublierai pas. Entendre une langue différente sur la rue, rencontrer des personnes différentes et voir une culture différente – ce n’est pas comme chez moi. Je viens d’une très petite communauté où je connais tout le monde. Je comprends tout le monde chez moi et je peux communiquer avec tout le monde. Ici, j’ai de la difficulté à comprendre les gens et à communiquer avec eux.

Je participe au Congrès IDEA 2010 pour partager le dialogue avec différentes communautés autochtones de la région de Para au Brésil et j’ai eu l’honneur de parler avec des membres de la communauté Tembé. Ils ont partagé avec moi leurs luttes à propos de l’exploitation forestière sur leur territoire et leur lutte pour maintenir leur culture et leur langue devant le développement hydroélectrique. Ils ont dit qu’ils n’ont jamais eu besoin d’argent même s’ils vivent dans la pauvreté ; ils comptent sur ce qui provient de leur territoire. J’ai partagé avec eux ce que ma tante m’a dit de partager avec ceux que j’allais rencontrer : « Vous n’êtes pas seuls dans votre lutte ; nous la connaissons chez nous. » Ils ont trouvé du soutien dans ses paroles et ont eu une forte réaction émotive à cette offre de solidarité.

Une des choses que je trouve surprenant ici, c’est le nombre de personnes qui ne savent pas que des communautés autochtones existent au Canada. Ma présence ici est cruciale parce que nous avons besoin de transmettre le message que le Canada continue de violer nos droits et aussi d’exploiter nos territoires traditionnels : tous les niveaux de gouvernement doivent commencer à respecter les communautés autochtones.

norman-et-sara.jpgL’atelier qui m’a le plus inspiré jusqu’à maintenant est celui animé par Sara Paredes Mansilla du Pérou (La Rivière de la tradition orale : Le drame pour la redécouverte de l’héritage historique / The River of Oral Tradition. The Drama for the Recovery of Historical Heritage). J’ai trouvé que la façon dont Sara présentait l’histoire de la communauté aborigène avec laquelle elle travaille au Pérou – à l’aide de l’art – était très éducative et inspirante. Pendant sa présentation, je pensais constamment à la façon dont Barrier Lake pourrait traduire sa propre histoire en art tout particulièrement en impliquant les enfants et les jeunes… que nous pourrions être motivés sur le plan culturel à faire ceci en langue algonquine.

Je pouvais réellement me sentir concerné par certaines des choses qu’elle a partagées comme l’histoire des sirènes et la présentation des « nœuds parlants ». Le quipu péruvien est d’une certaine façon similaire à notre wampum à trois rangs qui a été et continue à être partagé autour du cercle pour accueillir d’autres nations. Je sais qu’il y a aussi une histoire de sirène chez nous, mais je vais devoir consulter les aînés à son sujet… Je pense qu’il serait intéressant de voir notre histoire anishnabe à travers l’art (peut-être une pièce de théâtre) basé sur la participation de la communauté. Presque toute notre histoire est orale et utiliser l’art pourrait préserver l’histoire pour longtemps et encourager les jeunes à parler plus leur langue.