Belém


Confusion au Forum social mondial

15 mars 2009

De Laea Morris, participante du Programme Jeunes parents de l’organisme À deux mains

Une journée stimulante avec des centaines d’expositions à voir. J’ai pris la journée pour explorer et marcher d’un atelier à l’autre.  Sur mon chemin, j’ai croisé une tente remplie de bruit et de gens.  En m’approchant de la scène, j’ai réalisé que le bruit venait de manifestants très en colère.  Ils portaient des cercueils en carton avec les lettres FSM (Forum social mondial) écrites sur les côtés. Plusieurs questions ont surgi dans mon esprit : pourquoi voudraient-ils la mort du Forum social mondial ?  J’ai rencontré d’autres participants qui, tout comme moi, ne comprenaient pas les manifestants. Un démonstrateur sur la scène défendait le Forum en criant des arguments positifs tandis que les autres continuaient de manifester leur colère par des cris  et des battements de tambours qui finirent par étouffer les paroles du démonstrateur.

Quel était vraiment le but de cette manifestation : était-elle officielle, ou était-ce un divertissement ? Cette manifestation allait-elle dégénéré en violence lorsque les manifestants seraient forcés d’évacuer ?  Faisaient-ils partie du Forum économique mondial venus contester le Forum Social Mondial par rivalité ?  Croyaient-ils vraiment que le Forum social mondial était inutile et n’aurait aucun impact ?  Étaient-ils en colère parce que le Forum social mondial qui est supposé représenté les  “ pauvres ” en partie, les ont exclus automatiquement en demandant des frais d’inscription de $30 dollars ?

En conclusion, il est inévitable que des tendances négatives surgissent pendant un Forum social mondial, comme le clamait un chanteur pendant que nous attendions à l’aréoport : Le changement peut seulement se faire de l’intérieur.


Invitation à une rencontre post-Forum social mondial

27 février 2009

Engrenage Noir / LEVIER a participé au Forum social mondial qui s’est tenu à Bélem (Brésil) du 27 janvier au 1er février 2009, en offrant un atelier intitulé «L’ART COMMUNAUTAIRE COMME UN OUTIL DANS LA LUTTE À LA PAUVRETÉ ET À L’EXCLUSION SOCIALE». Nous étions quatre personnes (incluant des participantes de projets soutenus par LEVIER) qui se sont envolées pour le Brésil afin d’animer cet atelier :

- Johanne Chagnon, pour présenter le travail de LEVIER et de son volet «De notre vivant», et également présenter le projet d’art communautaire réalisé avec l’organisme le CARRÉ (avec projection du vidéo-bilan du projet à l’appui);

- Maria, une des participantes du projet d’art communautaire réalisé avec l’organisme La rue des femmes (avec projection du vidéo-bilan du projet à l’appui);

- Laea Morris, une des participantes du projet d’art communautaire réalisé avec l’organisme À deux mains (avec projection du vidéo-bilan du projet à l’appui);

- Aleksandra Zajko, de la Société Elizabeth Fry du Québec à laquelle s’est joint Engrenage Noir pour organiser le projet Agir par l’imAGinaIRe visant à lutter contre la criminalisation de la pauvreté (du matériel déjà réalisé dans le cadre de ce projet en cours fut présenté lors de l’atelier).

Cette présence de LEVIER au Forum social mondial visait également à se mettre en contact avec d’autres organismes, hors du Québec, qui œuvrent dans le même domaine, soit la lutte à la pauvreté par le biais de l’art. Des retombées sont donc à prévoir pour le réseau d’art communautaire au Québec…

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Et l’art communautaire ?

22 février 2009

de Johanne Chagnon

Et qu’en est-il dans le domaine qui nous intéresse plus particulièrement, celui de l’art communautaire ? Oh là là… Le Forum social mondial m’a permis de connaître de fort intéressantes expériences, de faire un premier pas dans des réseaux, dont je commence à peine à saisir la portée, et dont je vais tenter de donner ici un aperçu. En y joignant des références afin de vous permettre de poursuivre la recherche.

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Récits troublants… et célébrations

22 février 2009

de Johanne Chagnon

Un des impacts majeurs d’un rassemblement tel que le Forum social mondial est de mettre en contact direct avec les acteurs-témoins de diverses réalités, d’entendre le récit de leur expérience de leur bouche même, ce que n’offre pas la couverture habituelle dans les médias, et c’est ce qui manque aussi pour sensibiliser vraiment aux drames et injustices qui se vivent loin de nous. Ainsi, l’atelier présenté par l’Arab Feminine Network et la Jordanian Women’s Union, avec des Palestiniennes de camps de réfugiés, fut pour moi l’occasion d’entendre des témoignages directs très poignants. Je n’ai pu assister au début de la rencontre, mais on m’a relaté l’émotion intense  ressentie par toutes les personnes présentes devant la réunion entre une mère et son fils qu’elle n’avait pas vu depuis 15 ans ! – réunion rendue possible dans le cadre du Forum ! Après avoir vu et entendu ces femmes, si dignes dans leur souffrance, on ne peut plus entendre parler de la Palestine sans avoir une conscience et une sensibilité accrues. Comme quelqu’un a mentionné lors de cet atelier : «Où est la prospérité promise ? On ne veut pas de ce monde ! Si la question de la Palestine n’est pas réglée, un autre monde n’est pas possible.»

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Quelques considérations à propos du Forum social mondial

8 février 2009

de Johanne Chagnon

Voici quelques notes glanées et impressions générales, basées sur mon expérience personnelle du Forum, qui ne peut qu’être fort partielle, étant donné l’ampleur de l’événement.

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Journée de la Pan-Amazonie

4 février 2009

de Laea Morris, participante du programme Jeunes parents de l’organisme À deux mains

Aujourd’hui, journée Pan-amazonienne au Forum, une journée consacrée aux peuples indigènes du Brésil. Une vision fort étonnante. Plusieurs brochures sont distribuées dans la foule, maintenant plus que jamais j’aurais aimé avoir étudié le portugais.

Parmi les peuples indigènes, il y a plus de 150 dialectes parlés, créant beaucoup de frustration à essayer de rendre la communication possible aujourd’hui.

Je me tasse et laisse un groupe très coloré me dépasser, tous pieds nus dans leurs vêtements de cuir ornés de plumes, peints de la tête aux pieds en noir et rouge. Je suis fascinée par tout cela.

Avant mon arrivée à Bélem, j’étais inconsciemment au courant de l’existence de telles tribus. Jusqu’à ce moment où c’est devenu une réalité pour moi. Quelle journée phénoménale. Parmi la foule, mon oreille détecte un couple parlant anglais. je m’informe à propos des peuples indigènes et apprends que les tribus vivant en Amazonie près de Bélem ont des gardiens afin de prévenir toute interaction entre eux et la société. Les sociétés urbaines ont plusieurs maladies qui n’existent pas parmi les tribus, donc des précautions doivent être prises, ce qui fait aujourd’hui que c’est un privilège pour les Brésiliens et moi de côtoyer ces peuples indigènes.

Ma frustration envers la communication a disparu et je suis honorée par leur expression à travers la chanson et la danse au lieu de longs discours. Le message est fort et clair pour moi, et l’urgence pour protéger leur terre est une priorité. Après une journée émotionelle comme celle-ci, je suis sûre que plusieurs autres ont été touchés et que du bon va en sortir.


Plusieurs Forums à l’intérieur du Forum social mondial

30 janvier 2009

de Johanne Chagnon

Ça y est, c’est fait ! LEVIER a présenté son atelier hier, dans le cadre du Forum social mondial. Une quarantaine de personnes sont venues assister à cet atelier intitulé «L’art communautaire comme outil de lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale». Bravo à ces personnes qui ont démontré un réel intérêt pour notre présentation malgré des conditions pas faciles, à cause de la forte chaleur et du bruit ambiant de la ventilation. Des personnes venues notamment de France, de Colombie, du Congo, du Brésil… et de Trois-Rivières! Maria, pour le projet de l’organisme La rue des femmes, Laea pour celui du Programme Jeunes Parents de l’organisme À deux mains, Aleks de la Société Elizabeth Fry avec laquelle LEVIER collabore et moi-même pour LEVIER et pour le projet de l’organisme Le CARRÉ avons animé cet atelier (en français, anglais et même espagnol !) et avons présenté les vidéos et autres documents audio-visuels relatifs à ces divers projets. Il y a eu échanges de coordonnées pour d’éventuels contacts ultérieurs.

Pendant qu’à l’intérieur se déroulent l’éventail d’ateliers qui sont offerts, il y a une autre forum qui se déroule, composé de toute cette déambulation et animation qui tient à l’extérieur. Près du Campement de la jeunesse, on assiste à une sorte de Woodstok de l’altermondialisation ! Avec vendeurs nombreux, musique, mini-manifestations, ateliers impromptus… Il y a également sur les deux sites un grand nombre de kiosques de produits d’économie solidaire et de présentation de nombreux organismes de tous genres.

Davantage la prochaine fois sur des réflexions entendues dans les divers ateliers auxquels j’ai assisté.


Journée de la Pan-Amazonie au Forum social mondial

29 janvier 2009

de Johanne Chagnon

En ce 28 janvier, journée de la Pan-Amazonie, les sites des deux campus universitaires où se tient le Forum sont marqués par la présence des divers peuples de la Pan-Amazonie (Bolivie, Brésil, Colombie, Équateur, Guyana, Pérou, Suriname, Venezuela et Guyane française). Malgré ce côtoiement, le problème de la langue de communication m’empêche d’en apprendre davantage sur ces peuples. Même frustration en ce qui concerne l’ensemble du déroulement du Forum : la majorité des activités se déroulent en portugais, presque toute la documentation qui est distribuée est en portugais. Je me sens un peu excluse, comme doit se sentir toute personne qui ne maîtrise pas cette langue. Suis-je vraiment dans un Forum «mondial»? On m’a dit que lorsque le Forum se tenait à Porto Allegre, il y avait un souci d’offrir une traduction appropriée.

Néanmoins, mes yeux se sont régalés toute la journée. Avons-nous assisté à une démonstration folklorique-cliché? Difficile pour moi de répondre à cela pour le moment…


L’ouverture officielle du Forum social mondial à Bélem

28 janvier 2009

de Johanne Chagnon

En ce 27 janvier, des milliers de participants au Forum ont envahi les rues de Bélem. Étaient présents dans cette marche tout l’éventail imaginable des mouvements citoyens qui existent et se feront entendre dans le cadre du Forum. Marche bruyante et festive, colorée. On peut se questionner sur la réelle possibilité d’un autre monde, mais de participer à cette marche collective ne peut faire autrement que recharger ses batteries ! Ce qui n’est pas négligeable non plus ! Ça fait du bien !

Les photos ci-jointes donnent un aperçu de la variété des couleurs des participants à la marche. À noter également une performance dans la place centrale qui m’a beaucoup marquée : cet homme masqué qui, muni d’un encensoir, exécutait des gestes rituels en face de tous ces corps étendus devant lui (une musique forte et parfois déchirante accompagnait ses gestes). Je ne pouvais comprendre de quoi exactement cette performance parlait, ni ne pouvait lire les coupures de journaux attachées aux corps, mais l’effet était très saississant.


Arrivée à Bélem

28 janvier 2009

de Laea Morris, participante du Prgramme Jeunes parents de l’organisme À deux mains

À un vol de l’arrivée attendue à Bélem, dans la région de Para; j’arrive à Sao Paulo, Brésil. Je suis fascinée alors que je suis saluée par des employés d’une ligne d’aviation japonaise et des douzaines de familles japonaises. Je me renseigne rapidement et apprends que Sao Paulo, Brésil, est la terre d’accueil de la seconde plus grande couche de population ethnique japonaise, estimée à 1,5 million. Les Japonais furent tentés de venir au Brésil à cause du rêve de faire de l’argent rapide en travaillant dans les plantations et en retournant chez eux après quelques années. L’aventure s’est malheureusement terminée pour eux par des salaires insuffisants et des heures de travail épuisantes. Cette brève leçon historique sur les Japonais brésiliens m’a fait anticiper avec plus d’impatience l’ouverture du Forum social mondial.

Bélem, de la région de Para, des images étonnantes sur les murs de la ville. Quelles sont les histoires derrière ces centaines de murales ? Sont-elles l’expression d’une colère ? Sont-elles l’expression d’une joie ? De l’ennui ? Je me sens curieuse de découvrir les impacts émotionnels des graffitis qui couvrent la ville de Bélem.

Le port de Bélem de Para, semblable au Vieux Port de Montréal, qui regroupe sur le bord de l’eau des restaurant, des croisières en bateau, les kiosques du marché et des itinérants. Il y a des douzaines de vendeurs le long des rues de Bélem.  Je suis captivée par une jeune famille utilisant des éléments naturels trouvés à et autour de Bélem pour faire des boucles d’oreille et de l’artisanat qu’elle vendait dans le parc central. Une façon de voir aux besoins de leurs enfants. J’ai perçu ça comme une forme d’art pour la survie.

Dans l’attente du début du Forum…