Combien d'esclaves avez-vous ? |
Combien d’esclaves ai-je ? par Leah Gabrielle Silverberg18 août 2010 Le texte suivant est un résumé de toutes les réflexions et sentiments avec lesquels je suis restée suite à l’événement de trois jours, Combien d’esclaves avez-vous ? Art et les économies d’exploitation, passées et présentes. L’ensemble de ce week-end a été un fouillis de découvertes et de nouveaux apprentissages pour moi. J’ai vu, entendu et expérimenté tant de choses en seulement trois jours au mois de mars que j’ai cru par moments que j’allais exploser. Faire partie d’un événement où il y avait autant de réflexions, observations et compassion était très puissant. J’ai quitté ce week-end avec un sentiment d’optimisme et d’espoir, malgré le fait que nous venions de passer trois jours à explorer des problématiques vraiment difficiles. J’ai franchi les portes du MAI le dimanche, en fin d’après-midi, avec encore plus de questionnements que quand j’y suis entrée la première fois. Une des questions centrales en moi était «Combien d’esclaves ai-je ?». Quelle est ma place dans ce système oppressif ? Et puis, comment puis-je continuer à avancer sachant que je perpétue un cycle que je n’aime pas, ou avec lequel je ne suis pas en accord, alors que je désire en même temps vivre ma vie, heureuse et épanouie, tout en y amenant un changement interne et externe. Il s’agit de questions avec lesquelles je me heurte et auxquelles je n’ai définitivement pas terminé de répondre complètement. Même si je pense que ces questions ne seront jamais vraiment résolues, faire partie de cet événement m’a définitivement poussée dans une certaine direction et m’a aidée à réaffirmer certaines choses. |
La colère et l’art par Leah Gabrielle Silverberg18 août 2010 Dans le texte suivant, j’explique comment l’événement Combien d’esclaves avez-vous? Art et les économies d’exploitation, passées et présentes organisé par Engrenage Noir / LEVIER m’a aidé à affronter mes sentiments de colère. J’explore la manière dont l’art et la colère peuvent être liés et comment j’ai fait face à cela par le passé. |
Reflexions autour de la performance
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Histoire, éducation et identité par Leah Gabrielle Silverberg19 juin 2010 Dans le texte suivant, je fais référence à la table ronde du samedi, le 13 mars 2010, intitulée Récits d’esclavage et de colonialisme : raconter des histoires, façonner les histoires et agir sur le changement, dans le cadre de l’événement Combien d’esclaves avez-vous ? L’art et les économies d’exploitations, passées et présentes afin de discuter le lien qui existe entre le discours dominant et l’histoire. J’explore comment l’histoire est transmise et ce qu’implique ce processus pour notre société; également, je soulève la question de comment l’art peut être un outil dans le changement et la prise de pouvoir. |
Pensées et réflexions suite à la visite de Nigger Rock par Leah Gabrielle Silverberg19 juin 2010 Dans le texte suivant, je présente et j’examine mes réflexions et mes pensées à la suite de ma première visite du cimetière d’esclaves de Saint-Armand appelé Nigger Rock, dimanche le 13 mars 2010, dans le cadre de l’événement Combien d’esclaves avez-vous ? L’art et les économies d’exploitation, présentes et passées organisé par Engrenage Noir / LEVIER. |
L’humour, l’art et la douleur Une réflexion sur la performance Poste de Traide de Mélissa Mollen-Dupuis et Émilie Monnet par Leah Gabrielle Silverberg19 juin 2010 Dans le texte suivant, qui a pour sujet la performance Poste de traite de Mélissa Mollen et Émilie Monnet réalisée dans le cadre de l’événement Combien d’esclaves avez-vous ? du dimanche 14 mars 2010, je porte une attention toute particulière sur le rôle que l’humour joue dans la représentation culturelle des problématiques sociales associées à la douleur individuelle et collective. «Si vous pensez qu’il y a une grande palette d’émotions entre le rire et la tristesse, alors repensez-y. Parce que les deux sont liés par un désordre dérapant, des messages confus et une quadruple ambiguïté» - Barbara Kruger dans Not Funny//1990 from The Artist’s Joke édité par Jennifer Higgie (p. 108) |
Privilège et art par Leah Gabrielle Silverberg14 juin 2010 Dans le texte suivant j’examine mes réactions et réponses face aux discussions soulevées lors de la table ronde de samedi, le 14 mars 2010, intitulée Femmes et l’économie globale: Comprendre la matrice des économies coercitives. Cette table ronde faisait partie de l’événement Combien d’esclaves avez-vous ? Art et les économies d’exploitation, passées et présentes, organisé sur une période de trois jours par Engrenage Noir / LEVIER. Je soulève ici le sujet des classes privilégiées et du rôle des artistes. Ce matin, j’ai quitté mon appartement du boulevard St-Laurent en passant devant une personne sans abri qui dormait juste devant ma porte. J’ai dû me faufiler dans le passage afin de pouvoir sortir sur la rue. Je me suis sentie à l’envers, ce qui n’était d’ailleurs pas nouveau. Depuis mon enfance, j’ai souvent expérimenté ce malaise puisque j’ai grandi dans le centre-ville d’une métropole (Toronto, en Ontario). J’ai ressenti un inconfort intérieur et une tristesse profonde face à la situation de tant de personnes sans abri que je côtoie tous les jours. En vieillissant, et tout particulièrement quand l’éducation universitaire et le langage académique ont rejoint mon vocabulaire et ma compréhension, j’avais enfin des mots et un sens pour cet inconfort que je viens de décrire. Ce sentiment c’est la difficulté à me réconcilier avec mes propres privilèges. |
Les Juifs et l’oppression: un regard critique sur le passé par Leah Gabrielle Silverberg7 juin 2010 «Tout génocide a une cause, l’environnement qui l’attise, la société qui le sanctionne. Chaque tragédie a sa propre configuration et mérite une étude.» - Nora Levin. dans Jews and the American Slave Trade de Saul S. Friedman (p. 9) Dans le texte qui suit, j’examine ma réaction au commentaire concernant les Juifs et le trafic trans-Atlantique d’esclaves émis par Devora Neumark, lors de l’ouverture de l’événement Combien d’esclaves avec vous ? L’art et les économies d’exploitations, passées et présentes, le 12 mars dernier. L’événement interdisciplinaire de trois jours Combien d’esclaves avec vous ? a exploré la façon dont chacun de nous est impliqué, à un certain degré, dans l’exploitation globale de travailleurs - qui, selon le militant anti-esclavage Kevin Bales, « sont contrôlés par une violence et privés de leur liberté personnelle à faire de l’argent auprès de quelqu’un d’autre ». L’ouverture de l’événement s’est fait par une auto-réflexion critique venant de Devora Neumark, Johanne Chagnon et Louise Lachapelle. En tant que co-directrices d’Engrenage Noir / LEVIER, Devora Neumark et Johanne Chagnon ont souvent initié des projets avec une articulation critique autour de ce qui représente pour elles un enjeu personnel. Louise Lachapelle, co-animatrice de cet événement avec Devora, a également abordé cette conjoncture de par son expérience personnelle et les problématiques socio-politiques qui étaient au menu de l’événement. Ce texte est, plus particulièrement, une réponse aux propos de Devora. |
INT/EXT, une suite logique des choses15 mai 2010 En mai 2008 (il y a déjà deux ans !) LEVIER et la Société Elizabeth Fry du Québec (SEFQ) préparait une formation de plusieurs jours qui allait être offerte à huit artistes approchées pour participer au projet pilote Agir par l’imAGinaIRe. Le projet en question allait se dérouler en établissements de détention, hôpital psychiatrique et maison de transition pour femmes, et se présentait sous forme d’ateliers de création artistique multidisciplinaire. Il était demandé aux artistes d’explorer à travers l’art, et en collaboration avec les femmes participantes, le lien qui existe entre la pauvreté et l’incarcération. Cette formation avait pour objectif de familiariser les artistes avec le milieu dans lequel ils allaient travailler et les défis relationnels possibles, mais aussi - et surtout - les amener à réfléchir et à se questionner sur de la place que les prisons occupent dans notre société. Ainsi, les artistes ont visité les établissements de détention et rencontré plusieurs intervenants dont Ruth Gagnon, la directrice de la SEFQ ; Sylvain Savard. psychothérapeute pour les Services correctionnels du Canada ; Suzanne Harvey, acuponctrice ; Kim Pate, directrice générale de l’Association canadienne des Sociétés Elizabeth Fry ; Liliane Aflalo, directice de Continuité-famille auprès des détenues (CFAD) ; ainsi que plusieurs autres femmes ayant déjà vécu l’incarcération. Voulant donné suite à ce dialogue autour des prisons, en septembre 2008, LEVIER a invité plusieurs artistes de ce groupe à participer à l’événement CR10, voulant souligner le dixième anniversaire de l’organisation Critical Resistance à Oakland (Californie). |

